Agir Avec GreenIT
Dans son livre “Sobriété numérique, les clés pour agir”, Frédéric Bordage, fondateur de GreenIT, met en évidence les gestes clés de la sobriété numérique.
Les gestes indispensables⌗
Allonger la durée de vie des appareils et favoriser leur réempploi⌗
Puisque la production de nouveaux appareils a un impact environnemental déterminant et que le recyclage est difficile, garder les appareils que nous possédons est un geste clé pour limiter notre empreinte environnementale. S’il est tout de même nécessaire de changer d’appareil, on peut aussi offrir une seconde vie à celui qui fonctionne encore. Des professionnels se spécialisent dans le reconditionnement de machines à un niveau professionnel.
L’obsolescence programmée est un frein à allonger la durée de vie de nos appareils ou à réutiliser des appareils anciens. Selon les contextes, le degré d’intentionnalité derrière ce terme varie. L’obsolescence programmée peut caractériser une situation où la conception d’un appareil évite le remplacement de pièces pouvant s’user ou se casser (batterie, écran) mais aussi les mises à jours logicielles pouvant rendre progressivement le système trop lourd - une piste étant dans ce cas d’installer les mises à jour évolutive et n’installer que les mises à jour correctives et de sécurité qui sont indispensables
Eviter l’usage du cloud, surtout en 4G⌗
Dans un contexte où les transferts continus de données entre nos terminaux et les serveurs des services en ligne sont particulièrement polluants, il est essentiel de réduire au maximum l’usage du cloud. Cela signifie stocker d’avantage de données chez soi pour y accéder localement. Cela signifie aussi préférer des logiciels installés sur son ordinateur à des applications web (par exemple pour relever ses mails).
Surtout, il faut réduire au maximum les transferts de données en 4G. On peut par exemple attendre d’être connecté en wifi avant de poster les photos d’une excursion ou pour partager ou streamer des contenus lourds comme de la vidéo qui augmentent la quantité de données transférés.
Limiter les flux vidéos⌗
Les flux vidéos sont particulièrement impactants, limiter le visionnage de vidéos sur YouTube ou Netflix ou, dans un contexte professionnel, de la visioconférence est pertinent.
On peut aussi préférer l’audio à la vidéo, par exemple si l’on souhaite simplement écouter de la musique (plutôt que d’utiliser Youtube pour écouter de la musique). Lors de réunions en ligne, il n’est pas toujours nécessaire que tout le monde maintienne sa webcam allumée : les discussions en audio sont toute aussi efficace.
Eteindre box et appareils TV⌗
Frédéric Bordage conseille aussi d’éteindre sa box ADSL et son boîtier TV lorsque ceux-ci ne sont pas utilisés.
Si l’énergie nécessaire au fonctionnement des appareils n’est pas l’impact le plus important de leur cycle de vie, de tels appareils, en restant en fonctionnement 24h/24, consomment néanmoins entre 150 à 300 kWh par an, soit l’équivalent d’une consommation électrique annuelle de 5 à 10 ordinateurs portables 15 pouces utilisés huit heures par jour au bureau.
D’autres gestes importants⌗
- Privilégier le réemploi et les équipements d’occasion
- Mutualiser : acheter moins et partagez plus
- Réparer ce qui peut l’être
- Changer de prestataire d’électricité pour un prestataire qui propose de l’énergie vert
- Remplacer votre écran géant par un vidéo projecteur
Les fausses bonnes idées⌗
Frédéric Bordage répertorie aussi une série de propositions qu’il considère comme des “fausses bonnes idées”.
Supprimer ses emails
L’écriture, la lecture et le transport des e-mails impactent d’avantage que leur stockage. Il faut ainsi 2 fois plus d’énergie pour expédier un e-mail que pour le stocker pendant 1 an. Si le stockage d’un e-mail – dans le cloud – suppose qu’une machine soient allumée 24h/24 pour le fournir à l’utilisateurice en cas de besoin, c’est avant tout la quantité de messages envoyés et traités qui doit être questionnée.
Utiliser ses favoris
Lorsqu’on utilise les favoris enregistrés dans son navigateur internet – ou qu’on tape directement l’adresse URL d’un site web – notre navigateur se connecte directement au site web consulté.
De cette façon, on évite de consulter un moteur de recherche (comme Google, Yahoo ou Bing) pour faire l’intermédiaire. On évite de ce fait une consommation supplémentaire. Cependant ce geste reste dérisoire par rapport à d’autres gestes comme celui d’allonger la durée de vie de ses appareils ou d’éviter de visionner des flux vidéos (surtout en 4G).
Utiliser un moteur de recherche ‘écolo’
Malheureusement, il n’existe pas de moteur de recherche réellement écolo. Des moteurs de recherche comme Ecosia sont en réalité un habillage pour des résultats de recherche produits par d’autres moteurs de recherche (Google, Yahoo ou Bing…). En ce sens, ces services rajoutent des intermédiaires – et donc des machines qui traitement les données – supplémentaires. Si de tels moteurs de recherche revendiquent la plantation d’arbres, ceci est loin de compenser réellement l’impact de leur fonctionnement et constitue du greenwashing.
Changer de navigateur
Il n’existe malheureusement pas de navigateur qui auraient une empreinte environnementale moindre. Ce sont les sites internet qui devraient cesser de s’alourdir…