La route est longue, mais la voie est sobre

Face à l’urgence environnementale et à l’impératif de sobriété, les pages qui précèdent présentent quelques pistes d’action à mettre en œuvre, individuellement et/ou à l’échelle du parc informatique de son association ou de son entreprise. De la tenue d’une réunion en audio à l’installation d’un système Linux sur son parc informatique vieillissant incompatible avec Windows 11, du traitement local des données à leur hébergement chez des prestataires locaux plus éthiques, de multiples gestes peuvent être adoptés pour réduire notre impact et rendre nos infrastructures numériques plus du rables. Au-delà de gestes pratiques, que tout·e un·e chacun·e peut mettre en œuvre, ils sont autant de petits actes de résistance face au numérique auquel les géants du web nous ont accoutumé·es, motivé par des logiques commerciales, créant toujours plus de besoins et de dépendance à des systèmes technologiques toujours plus gourmands.

Mais si nous nous focalisons ici sur les pratiques et les gestes individuels ou collectifs qui peuvent être pris en tant qu’utilisateur·ice·s du numérique ou administrateur·ice·s de parc informatique, il est nécessaire d’agir également pour faire de la sobriété numérique un débat sociétal et imposer des changements législatifs. Car si la réparation ou le logiciel libre permettent d’insuffler une seconde vie à des appareils qui rejoindraient autrement la pile des trop nombreux déchets électroniques, des lois devraient interdire les pratiques commerciales qui en limitent la garantie et qui concourent à les rendre trop rapidement obsolètes.

Rendre obligatoire la possibilité de changer facilement une batterie ou d’autres composants, obliger les éditeurs des logiciels et des systèmes d’exploitation à distinguer les mises à jour correctives (corrigeant des bugs ou des problèmes de sécurité) et les mises à jour évolutives (ajoutant des fonctionnalités et pouvant ralentir les appareils), imposer leur réversibilité, limiter, voire interdire, la publicité qui incite à la consommation, ou encore édicter des directives pour favoriser le réemploi et le reconditionnement des appareils, sont autant de pistes d’actions collectives qui pourront favoriser et pérenniser un numérique plus durable à grande échelle.