Des usages sobres au quotidien
Des usages sobres au quotidien⌗
Sur l’empreinte écologique totale d’un appareil, 80 % sont dus à sa fabrication et 20 % à l’utilisation qui en est faite tout au long de sa durée de vie. S’il faut d’abord penser à soigner ses appareils pour minimiser les rachats et augmenter leur durée de vie, il est aussi intéressant d’envisager des usages sobres au quotidien.
Éviter le streaming… et en particulier la vidéo⌗
Le streaming, audio et vidéo, est partout, à la maison comme au travail, tant pour visionner des films et écouter de la musique que pour communiquer au travers d’outils de visioconférence. Or, les flux audio et vidéo représentent, entre 60 % et 90 % du trafic internet. La vidéo, en particulier, engendre des transferts lourds : il faut par exemple 4 Go de données pour visionner un film en HD. Les échanges de données nécessités par la visioconférence peuvent quant à eux être estimés à entre 1 et 5 Go, en fonction de la durée de la réunion, le nombre de participant·es et la qualité audio ou vidéo utilisée.
S’il est important de diminuer nos usages du streaming, une première étape peut être d’éviter l’usage de la vidéo. Il est tout à fait possible, lors d’une réunion en visioconférence, de n’activer la caméra qu’en début et fin de réunion pour ne garder que l’audio le reste du temps. Selon Greenspector, en 2022, une minute d’audioconférence impactait en moyenne 71 % fois moins qu’une minute où les caméras sont activées et 42 % fois moins qu’en partageant son écran. Plutôt que d’écouter de la musique via une plateforme comme Youtube qui affiche également la vidéo qu’on ne regarde pas, on peut préférer une plateforme ne proposant que de la musique. Si la vidéo est nécessaire, l’on peut aussi diminuer la résolution de sa caméra.
Et mon film du soir ?
Si cette brochure s’adresse prioritairement aux associations et petites entreprises, les éléments avancés peuvent questionner chacun·e sur ses propres pratiques. Pour éviter le streaming, les audiophiles et cinéphiles bruxellois·e peuvent compter sur des alternatives telles que le « Vidéo Express », véritable Netflix killer Saint-Gillois, ou d’autres médiathèques et boutiques vendant ou prêtant DVD et CD. Bien que les supports physiques impactent aussi l’environnement, ils ont plus l’avantage de pouvoir être donnés, revendus, écoutés et regardé plusieurs fois sans engendrer d’impacts supplémentaires. Au contraire du streaming où regarder le même film ou écouter un album plusieurs fois nécessitera de re-télécharger les données depuis un serveur distant.
Privilégier le local, évitez le cloud⌗
Dans un contexte où le transport d’une donnée génère, en moyenne, deux fois plus d’impacts environnementaux que son stockage pendant 1 an, l’usage du cloud est problématique puisqu’il implique un transfert continu des données sur le réseau. Réduire l’usage du cloud est donc important pour diminuer son empreinte environnementale.
L’édition de documents, ou même la consultation des e-mails, peut se faire localement, en utilisant des programmes comme les suites bureautiques Libre Office ou Thunderbird, sans avoir recours à un éditeur de texte en ligne ou à un webmail. Ces logiciels, accessibles via un navigateur internet, sont installés sur des serveurs distants et leur utilisation suppose de télécharger continuellement des éléments permettant au logiciel de fonctionner, alors que ceux-ci peuvent être installés sur un ordinateur. Leur utilisation suppose également des connexions constantes entre la machine cliente et le serveur et le fonctionnement des nombreuses machines qui les relient (routeurs, switchs, pare-feu…).
Tous vos documents ne doivent pas nécessairement être stockés sur le cloud pour être consultés à distance. Des albums photos ou des fichiers lourds contenant du son et de la vidéo, comme des anciens fichiers gardés pour archivage, peuvent être sauvegardés et archivés sur des disques durs externes et gardés dans différents lieux pour assurer une redondance en cas de casse ou de vol, ou dans un stockage connecté au réseau local mais non connecté à internet. Et pour transmettre des fichiers à une personne se trouvant à proximité, pourquoi ne pas utiliser une clé USB ?
Désactiver la connectivité de son smartphone⌗
Sur les smartphones, l’activation des données mobiles et du wifi permet aux applications installées sur l’appareil d’effectuer des transferts de données en arrière-plan pour récupérer des notifications ou maintenir à jour certaines données. Ces transferts de données sollicitent le réseau mais usent aussi plus rapidement la batterie de l’appareil. Pour diminuer les transferts de données et économiser sa batterie, on peut désactiver les données mobiles et le wifi de son téléphone – ou même le mettre en mode avion – lorsqu’on ne s’en sert pas.
Même si beaucoup d’applications sont conçues pour fonctionner avec un accès au réseau, d’autres permettent un usage hors ligne. Par exemple, l’utilisation de la navigation dans Google Maps nécessite un accès internet pour télécharger continuellement des données cartographiques et calculer des itinéraires. Des applications comme OsmAnd ou OrganicMaps permettent au contraire de télécharger des cartes sur l’appareil et de les utiliser sans connexion internet, préservant la batterie et évitant le transfert constant d’informations sur le réseau.
Privilégiez des technologies plus sobres⌗
La 4G consomme plus qu’une connexion wifi, (qui elle-même consomme plus qu’une connexion filaire). Il faut donc, dans la mesure du possible, éviter de l’utiliser, surtout pour des transferts importants comme le téléchargement, la mise à jour des applications ou du système, le streaming ou la mise en ligne de fichiers volumineux comme des photos, du son ou des vidéos. Si l’on a pris des photos lors d’un événement, on peut attendre d’être rentré ou de retour au bureau pour les poster sur les réseaux sociaux, plutôt que de le faire immédiatement via le réseau mobile.
Si les impacts des centres de données et des usages en réseau liés au cloud sont déjà importants, l’utilisation croissante des cryptomonnaies et de l’IA (avec les modèles de langages tels que Chat-GPT ou les programmes capables de générer des images ou des morceaux de musiques) renforcent encore les impacts. Refuser d’utiliser ces technologies et continuer à donner du travail aux traducteur·ices, illustrateur·ices et autres artistes mêle éthique et sobriété.
Éteindre ses appareils⌗
Cela peut paraître une évidence, mais on a tendance à l’oublier. Nos appareils durent plus longtemps et consomment moins s’ils ne sont pas laissés en permanence en veille. Éteindre nos smartphones et nos ordinateurs lorsque nous ne les utilisons pas contribuera à les faire durer et à économiser de l’énergie. Mais on peut aussi penser à éteindre d’autres appareils : écrans, décodeurs TV et box internet.
Les chiffres varient, et les modèles ne sont pas tous égaux, mais la consommation d’une box internet peut se situer entre une centaine et 300 kilowattheures par an. L’éteindre en dehors des heures d’activité, la nuit ou – dans le contexte professionnel – les jours où personne ne se rend au bureau, peut donc réellement diminuer son impact énergétique. Désactiver le wifi s’il n’est pas utilisé permettra aussi d’en réduire la consommation énergétique.
Pour aller plus loin :⌗
Greenspector, « L’impact de nos usages en visioconférence sur mobile et PC ! Édition 2022 ». En-ligne : https://greenspector.com/fr/impact-applications-visioconferences-2022/
Forum Fizz, « Combien de gig de données peut prendre un cours de 2 heures sur internet ? ». En-ligne https://forum.fizz.ca/fr/discussion/2447956/combien-de-gig-de-donnees-peut-prendre-un-cours-de-2-heures-sur-internet
Ekwateur, « Quelle est la consommation d’une box internet ? ». En-ligne : https://ekwateur.fr/blog/ma-consommation-d-energie/consommation-box-internet/
OsmAnd https://osmand.net/
OrganicMaps https://organicmaps.app/fr/